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Les valeurs sont intemporelles, de tous temps on a souhaité construire des sociétés basées sur la confiance, la juste répartition des richesses, le droit à chacun de s’émanciper et de s’affirmer dans le respect d’autrui. Etant passionné des philosophies asiatiques et pratiquant d’arts de santé chinois, ma pensée est de plus en plus influencée par ces codes et principes venus d’un autre temps. Et pourtant, rien n’a perdu de son sens et de sa valeur. Au Japon, un art chevaleresque –le terme martial étant malheureusement une mauvaise traduction- a été développé par un haut fonctionnaire d’état et fait aujourd’hui référence, le Judo.

 

Pourquoi le terme « martial » est-il une mauvaise traduction ?

  • Car il n’est aucunement question de vaincre un ennemi mais de vaincre sa propre agressivité.
  • Car il a été bien établi que quand on gagne par la violence, c’est en réalité la défaite mutuelle qui a lieu.

Le terme « art martial » est donc une mauvaise traduction du terme traditionnel wushu qui traduit les pratiques chevaleresques chinoises dont de la plupart des autres disciplines sont dérivée. Et le wushu, dans son écriture classique décrit « l’action juste, la rectitude qui stoppe l’action de la guerre », en somme, une action non-violente mettant fin au conflit.

Il est donc temps de couper court avec ce vieux proverbe destructeur « pour obtenir la paix, prépare la guerre ». Pour une raison très simple : cela fait des siècles que nous l’appliquons et visiblement, cela ne fonctionne pas, et ce n’est pas en faisant plus de la même chose que l’on opère un changement.

« La folie est de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » Albert Einstein

Il est facile d’observer quotidiennement cet acharnement à répéter les mêmes choses jusqu’à ce que cela rentre. Malheureusement, l’insistance n’a jamais été un levier de motivation, de soumission peut-être, et encore…

Des valeurs systémiques « haut de gamme »

Pour revenir à ce cas du Judo, il est intéressant d’observer que cet art a été présenté par Jigoro Kano lorsqu’il était Doyen de l’Ecole Normale Supérieure devant une assemblée de hauts fonctionnaires du cabinet spécial de l’empereur. Ce discours fut présenté à plusieurs reprises par la suite. A l’une d’entre elles, il introduit ses propres de la manière suivante :

« Messieurs, croyez-vous qu’un homme de mon âge et de ma condition perdrait son précieux temps à enseigner comment simplement jeter quelqu’un par terre ? Non, Messieurs, le Judo est une métaphore scientifique et je vais vous expliquer maintenant pourquoi… » Jigoro Kano

Parmi les éléments de langage, trois éléments me semblent fondamentaux et intemporels et ont encore une grande pertinence pour les problématiques systémiques que nous rencontrons aujourd’hui dans nos organisations :

  • Savoir céder et utiliser la souplesse permet d’atteindre son objectif avec un minimum d’énergie
  • Pour faire des bénéfices, il faut utiliser la force et l’énergie des autres : force du travail collaboratif et énergie de création
  • Le but final est donc d’inculquer une attitude de respect pour le principe de l’efficacité maximale et du bien-être de la prospérité mutuelle

Le code moral

A l’heure où les entreprises se cherchent en établissant de nouvelles « VALEURS D’ENTREPRISE » -qui bizarrement se ressemblent toutes (à 80%) d’une entreprise à l’autre-, prenons donc un instant pour observer ce qui est encore affiché dans les dojo (salles de pratiques du Judo et autres arts dits « martiaux ») : Le code moral du Judo est remarquable par sa simplicité et la force de ses engagements :

« La voie de la souplesse, celle du corps et de l’esprit » Jigoro Kano

  • La politesse, c’est le respect d’autrui
  • Le courage, c’est faire ce qui est juste
  • La sincérité, c’est s’exprimer sans déguiser sa pensée
  • L’honneur, c’est être fidèle à la parole donnée
  • La modestie, c’est parler de soi-même sans orgueil
  • Le respect, c’est donner naissance à la confiance
  • Le contrôle de soi, c’est savoir se taire lorsque monte la colère
  • L’amitié, c’est le plus noble des sentiments humains

Je ne connais pas de situations dans lesquelles ces principes ne peuvent générer de la valeur et je n’en connais non plus dans lesquelles leur non application mène à la perte et à la dégradation des relations humaines.

Je crois qu’il est temps que les valeurs, si chères aux managers, soient effectivement portées par une conviction telle qu’elles puissent supporter les tempêtes du changement et guider leurs entreprises vers un nouveau paradigme d’organisation.

Je vous souhaite à tous une agréable journée,

Cordialement,

Loïc Rabault
Facilitation en intelligence collective
Coaching PNL, intelligence émotionnelle