06 80 21 35 64 contact@zenconseil.fr

par Loïc Rabault – 04/10/2016 –

La dépression est malheureusement très répandue aujourd’hui et l’OMS (organisation mondiale de la santé) prévoit même qu’elle deviendra la deuxième cause de maladie d’ici à 2020. Pour autant, des solutions existent. Pas de solution miracle ni de poudre de perlimpinpin, mais un profond travail sur soi pour retrouver sa force de vie.

Sans avoir la prétention de cerner complètement le sujet ni d’offrir un remède miracle, j’aimerais partager ici quelques observations issues de ma propre expérience en thérapie brève. Cet article ne se veut ni exhaustif ni généralisable à toutes les situations mais peut donner quelques clés à ceux qui « n’en peuvent plus »…

Cliquez ici pour accéder directement à mes 10 conseils

Des signes de détresse

La dépression se caractérise par des signaux variables que la personne, touchée, peut ressentir à des niveaux d’intensité différents :

  • Idées noires allant de la colère, l’énervement, l’absence totale de volonté pour quoi que ce soit, la vue négative de tout au quotidien au désarroi et l’envie de mettre fin à sa vie.
  • Généralisation des états ressentis comme négatifs : le manque de motivation et de volonté à certains moments de la journée semble occuper toute la journée et occulter complètement les autres moments pendant lesquels il se passe des choses plus agréables. (focalisation sur le négatif)
  • Mémoire temporelle incertaine : la difficulté à situer les évènements dans le temps. Ce dernier semblant s’être arrêté aux moments les plus « noirs » et les temps plus agréables semblent dissimulés derrière un épais brouillard.
  • Perception de soi négative : dévalorisation et perte de toute estime de soi. Difficulté à se voir comme attirant(e) pour son conjoint. Dévalorisation de la capacité à donner de la joie aux autres par sa propre présence (amis, enfants, conjoint).
  • Déformation du passé : le temps d’une vie passée heureuse et agréable paraît lointain et difficile d’accès.
  • Projection dans le futur : difficulté à envisager un futur heureux possible. Les possibilités de moments agréables et heureux semblent réservés aux autres.
  • Concentration. Difficulté à se concentrer sur un sujet neutre (lecture, film…) Rapidement, des pensées négatives reviennent, souvent sur un sujet obsessionnel et récurrent.
  • Intentions positives. La formulation d’un état idéal « non dépressif » vient avec difficulté. Les phrases viennent sous forme négative : « ne plus ressentir ceci », « ne plus avoir de mauvaises pensées », « ne plus être comme cela ».
  • Comportements obsessionnels : TOC.
  • Langage corporel hyper expressif : exprime beaucoup d’inconfort alors que la personne ressasse les mêmes pensées négatives.

Bloqué dans un trou noir

  • La personne dépressive semble mentalement bloquée dans un état lié à une pensée qui tourne en boucle : émotion liée à un évènement, pensée récurrente qui ne trouve pas de sortie.
  • L’esprit reste emprisonné dans cet état et toute pensée hors de ce champ est très difficile.
  • Le mental tourne en spirale tirant vers le plus en plus négatif ; la sortie de cet état est instable et la moindre pensée négative ramène comme un aimant l’état général dans une détresse émotionnelle.

Déclencheurs lointains

Il arrive fréquemment que la personne en dépression ait vécu dans un passé moyen à lointain une situation douloureuse qui n’a pas été acceptée et traitée sur le moment.  L’état négatif ressenti fait souvent référence à une situation douloureusement vécue et qui n’a pu être exprimée librement et reconnue. Parmi les situations vécues, on trouve le plus souvent des atteintes à l’intégrité de la personne : inceste, trahison, séparation, harcèlement moral.

Un besoin non satisfait

Le fait de n’avoir pu exprimer une souffrance vécue dans une situation difficile peut être le déclencheur d’une frustration émotionnelle : besoin d’être respecté, reconnu à sa juste valeur, aimé. Ce besoin non satisfait engendre tout d’abord une dévalorisation personnelle amenant la personne à se voir incapable de réussir quoi que ce soit. Les premiers signes sont le retrait de la vie sociale (travail, activités, loisirs, sorties) et peut amener à des dégradations plus importantes : comportements dégradants, consommation de drogue, agressivité, dépression profonde.

Ill arrive que la personne focalise son adversité contre certains éléments de son environnement, perçus comme sources d’agression, susceptibles d’atteindre son intégrité physique ou mentale. Cela amène à des agressions, de la colère, des situations de rejet, de rejet, de violence.

Dans ce type de situation, la verbalisation du besoin non satisfait relate des causes extérieures : « ce n’est pas assez comme ceci » ou « trop comme cela », c’est « à cause de telle ou telle personne ». La personne voit le monde comme un idéal insatisfait et ne comprend pas pourquoi « les choses ne sont pas comme ceci ou comme je veux ».

Le devoir d’oubli

La personne, par manque de volonté ou de peur de ne plus avoir cette marotte de sécurité cherche le plus souvent à oublier cette partie douloureuse de son esprit qui souffre en se plongeant dans des états seconds par le biais d’alcool, de médicaments, de drogues, d’excès de travail, de sommeil, de violence envers soi-même ou envers les autres…

Ces états ne durant pas longtemps et faisant perdre progressivement la perception de la réalité, la personne dépressive sombre, du fait du besoin insatisfait, de plus en plus dans un « vague à l’âme », errant entre un état ordinaire (dans lequel rôdent des pensées noires et des émotions dévalorisantes) et un état d’absence d’esprit (état semi-conscient, forme de protection instinctive de l’inconscient).

Ne pouvant stopper le flux des pensées négatives, l’inconscient débranche et désactive les fonctions du néocortex. Réflexion, mémorisation, attention, concentration, écoute, fonctions logiques ne peuvent plus fonctionner de  manière optimale ; la réserve d’énergie ne pouvant être utilisée que pour une chose.

Les médicaments et autres drogues ajoutent à ce brouillard de nombreux effets secondaires : sensation de pression aux tempes (l’effet « étau »), migraine, étourdissements, trous de mémoires, distorsions temporelles, déséquilibres, mauvais fonctionnement de fonctions physiologiques de base, troubles obsessionnels compulsifs (TOC)…

Les remèdes

Les remèdes à la dépression ne sont ni faciles ni rapides à mettre en œuvre. Cela suppose beaucoup de patience et de courage.

Un choix thérapeutique personnel

Pour commencer, j’écarterai en premier lieu les médicaments pour deux raisons :

  1. Je ne suis pas médecin et non compétent à prescrire tel ou tel produit ;
  2. Une position personnelle (nourrie d’un passé de chimiste et de quelques années de recherche sur le sujet) qui m’amène à observer que si le médicament peut répondre ponctuellement à une situation de détresse, il ne résout pas la dépression dans la durée et a au contraire tendance à l’aggraver par l’addiction des molécules employées et par ses nombreux effets secondaires sur l’organisme, pouvant amener à rentrer dans la spirale de la dépression non pas par une cause refoulée mais par la petite porte de la drogue qui créé le besoin non satisfait et donc la dépression.

Nb :  il semble que plusieurs avis médicaux mettent en question les anti-dépresseurs pour les adolescents et les enfants. Sans expertise médicale sur le sujet, je me contenterai de donner ici quelques liens. Si des médecins souhaitent réagir, confirmer, informer, compléter, je serai heureux d’avoir leur point de vue.

Recherche de la source

Le retour à soi est également un temps d’introspection nécessaire, même si douloureux, pour identifier le nœud du problème, la source de noirceur.

Ce travail nécessite l’accompagnement d’un thérapeute. Il n’est pas nécessaire d’y passer des heures mais l’important est de prendre le soin d’ouvrir la boite de Pandore (observer ce qui pose problème) qui recèle tout au fond…. L’espérance !! Cette étape est naturellement très douloureuse voire rendue impossible par une stratégie inconsciente d’occultation de la réalité.

Mais il est primordial d’aller chercher l’Etat Essentiel qui demande à être entendu car il détient une clé inconsciente de transformation de la personne. Le protocole utilisé en PNL et en hypnose thérapeutique pour retrouver cet état et aider une personne à s’appuyer sur cette intention positive inconsciente pour se reconstruire s’appelle la Transformation Essentielle. Il existe 5 catégories d’Etat Essentiel:

  • L’Être : Il s’apparente à ce que les méditants appellent la « pleine conscience ». Une sensation d’harmonie dans l’instant présent.
  • Paix intérieure : une sensation de sérénité profond grâce à laquelle il n’y a aucune forme d’attachement égotique. Il n’y existe aucune forme de jugement, anxiété, angoisse.
  • Amour : On parle bien sûr de l’amour inconditionnel conjuguant l’accueil et l’acceptation des situations et des personnes rencontrées avec gratitude et bienveillance. Cet Amour est sans limite et concerne aussi bien soi-même que les autres.
  • Sentiment d’être bien : Bien à sa place, appréciant à la fois ce qui nous arrive et ce qui arrive à notre entourage, en positif et en négatif. La satisfaction des réussites et les apprentissages grâce aux échecs.
  • Unité : Un sentiment de relance avec les autres. A la fois en relation mais aussi plus largement à l’univers comme la goutte d’eau fait partie intégrante de l’océan.

Les séances d’hypnose vont ainsi aider la personne à aller chercher au fond d’elle-même des ressources dont elle n’a pas conscience.

Opérer une mue

Il apparait ici que le travail nécessite plusieurs séance et ne se fera qu’avec une complète confiance de la personne envers son thérapeute. En effet, on ne parle pas simplement de parler de quelque problèmes affectifs, mais d’aller chercher des racines fondamentales, de toucher aux valeurs profondes, dont certaines ont peut-être été bafouées.

La personne réalise à ce moment une étape très délicate de son évolution, elle doit sortir de son « corps de souffrance » (terme emprunté à Eckhart Tolle) pour retrouver son état essentiel et se reconstruire sur celui-ci. Mais le temps de cette transformation, une grande fragilité est ressentie car il y a souvent une impression d’être émotionnellement à nu. Cela exaspère la sensibilité, la susceptibilité, le soutien des proches y est fondamental.

Perle de bonheur

La première porte de sortie consiste à soutenir la personne dans la recherche d’une émotion positive suffisamment forte pour s’y raccrocher. Celle-ci est souvent rattachée à un évènement heureux. Cette première porte sert à générer les qualités humaines d’estime de soi, d’amour propre, d’auto-guérison émotionnelle.

A ce stade, le travail peut se faire avec l’hypnose ou la sophrologie. On peut aussi travailler avec la méditation guidée.

Le corps : la mémoire inconsciente

Une activité aide à se ré-associer et à se ré-approprier son corps avec des sensations agréables. Voici quelques activités que je peux recommander d’essayer selon les goûts :

  • qigong,
  • yoga, tai chi, pilate,
  • marche,
  • marche nordique,
  • piscine,
  • longe côte,
  • vélo,
  • aviron.

Il serait intéressant de faire un lien entre le thérapeute et le/la professeur de l’activité pour que assurer un accompagnement bienveillant. La personne peut en effet se sentir un peu en décalage dans les premiers temps (logique si la période de dépression a duré longtemps).

Suivi régulier

L’évolution n’est jamais linéaire. Je recommande donc un suivi régulier pendant les premiers mois de l’accompagnement thérapeutique. Des rechutes peuvent avoir lieu, l’impression de ne pas avancer. C’est alors que garder l’historique des premiers pas réalisés avec son thérapeute permet de rassurer la personne accompagnée et de l’encourager à avancer.

10 conseils pour sortir de la dépression

Si je devais donner quelques conseils pour sortir avec succès d’un état dépressif :

  1. Choisissez des confidents. Pour commencer je vous dirais de parler de votre démarche à une ou deux proches mais pas trop. Vous devez avoir des personnes d’un grand soutien et qui sauront aussi garder leur langue. Il est important d’avoir des oreilles amicales quand on travaille sur soi, et on a aussi besoin de discrétion.
  2. Reposez-vous sur votre médecin. Si vous consultez plusieurs thérapeutes, associez votre médecin à votre démarche, dites-lui ce que vous faites et quelle est votre intention. Votre médecin sera un allié de poids qui vous accompagnera sérieusement tout au long de votre travail intérieur.
  3. Associez une alimentation saine et équilibrée. Limitez autant que possible l’alcool et le tabac. Une alimentation riche en fibres et accompagnée de boisson nettoyantes  (infusions de plantes aromatiques par exemple) aidera votre corps à soutenir le travail psychologique.
  4. Faites une bonne activité physique que vous aimez. Faites vous plaisir, cela peut être une simple activité extérieur comme la marche ou un sport pour spécifique. Mais dans tous les cas, donnez vous une parenthèse de respiration qui mobilise votre corps complètement.
  5. Ne vous jugez pas vous-même sur le travail que vous êtes en train d’accomplir car le travail est long et vous serez toujours la personne la moins bien placée pour voir vos propres progrès. Fiez-vous à vos « confidents » et vos thérapeutes.
  6. Soyez bienveillant envers vous-même. Il n’est jamais bon de se flageller. Même si les choses ne vont pas toujours aussi vite que vous le voudriez, vous avancez, même sans le savoir. Donnez vous le temps d’apprendre et d’intégrer les changements à l’intérieur de vous.
  7. Donnez-vous les moyens de faire un bon travail sur vous. Les consultations ont un coût mais ne faites pas l’économie de votre bien-être. C’est précieux et vous en bénéficierez toute votre vie. S’il le faut, consultez votre banque pour planifier vos dépenses.
  8. Donnez-vous un délai. Il faut bien arrêter un jour alors écrivez sur votre calendrier le jour où vous voulez faire un bon point avec vous-même et parlez-en même à vos thérapeutes et confidents. A cette date, vous pourrez vous rendre compte des fruits de votre travail personnel.
  9. Félicitez-vous… Si vous vous êtes donné les moyens de travailler sur vous, vous méritez aussi les félicitations de rigueur. Alors pourquoi ne pas en profiter quand vous aurez retrouvé la lumière pour inviter des amis pour fêter votre « nouvelle vie » !
  10. Il me fallait un dixième alors : soyez heureux ! Ca fait du bien et c’est contagieux

« Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde,
mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. » Gandhi.